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"Les Batailles sont les bornes kilométriques de l'Histoire"
Patrick Ritt



Les treize colonies des Etats-Unis d'Amérique

Mouvements de la bataille
Première bataille de SARATOGA le 19 Septembre 1777
Introduction
La guerre fait rage depuis deux ans. Les anglais décident de changer leur approche, et d’isoler les colonies de la Nouvelle-Angleterre au nord des celles du centre et du sud, la jugeant être le cœur de la rébellion. C’est le début de ce qu’on appelle la campagne de Saratoga.
La Campagne
Le plan des anglais était d’effectuer un mouvement de tenaille venant de trois directions distinctes. Une force menée par John Burgoyne doit approcher par le nord depuis la province de Québec. Une autre, sous le commandement de St Léger doit pénétrer dans la province de New-York par l’ouest, et une dernière dirigée par William Howe doit arriver par le sud.
Le général John Burgoyne, descendant depuis le Canada en longeant la rivière Hudson, fait face à des difficultés logistiques croissantes et à une résistance américaine de plus en plus féroce. Pire encore, le 28 août il apprend que les forces coordonnées sensées le rejoindre ne le feront jamais ! L’armée de l’ouest rencontrant une trop forte opposition a décidé de faire demi-tour, et le général Howe au sud préfère réorienter son armée pour capturer Philadelphie, en Pennsylvanie…
Burgoyne se retrouve donc isolé, et doit anticiper l’arrivée de l’hiver pour stationner son armée dans des quartiers décents. Deux choix s’offrent à lui : faire demi-tour ou tenter de percer les lignes américaines retranchées dans les environs de Saratoga. Il choisit cette deuxième option.
Les forces en présence
Les forces britanniques du général Burgoyne comptent environ 7 000 hommes, incluant des soldats réguliers, des mercenaires allemands (Hessois) et des auxiliaires locaux. Le commandement opérationnel inclut le général Simon Fraser et le baron Friedrich Adolf Riedesel.
Face à eux, les américains disposent d’environ 8 000 à 9 000 hommes, composés de l’armée continentale et de milices. Si le général Horatio Gates commande officiellement, c’est le major-général Benedict Arnold qui joue un rôle-clé sur le terrain, aux côtés du colonel Daniel Morgan et de ses fusiliers sélectionnés pour leur habileté au tir.
La bataille
Le 19 septembre 1777, John Burgoyne avance en trois colonnes à travers un terrain boisé et difficile, près de la ferme de Freeman. Son objectif est de reconnaître les positions américaines et, si possible, de forcer un passage. Cependant, cette progression lente et dispersée rend ses troupes vulnérables.
Les forces américaines, sous l’impulsion du major-général Benedict Arnold, décident de passer à l’action. Il envoie les fusiliers du colonel Daniel Morgan harceler l’ennemi.
Ces chasseurs expérimentés, véritables tireurs d’élite, ciblent les officiers britanniques tout en restant cachés dans les bois. En une demi-heure, plus de la moitié des officiers et sous-officiers ennemis sont hors de combat, perturbant la coordination de leurs unités.
Le combat devient rapidement intense et confus, se déroulant à courte distance dans un environnement forestier.
Tout au long de l’après-midi, les combats oscillent. Les Britanniques parviennent parfois à prendre l’avantage grâce à leur discipline et à leurs baïonnettes, mais les Américains contre-attaquent régulièrement et avec hacharnement.
Le général Simon Fraser tente de maintenir la cohésion des lignes britanniques, tandis que le major-général américain Benedict Arnold coordonne des attaques agressives pour exploiter les faiblesses ennemies.
Le terrain joue un rôle crucial : les bois limitent la visibilité. Les formations britanniques sont désorganisées. Les Américains utilisent des tactiques de tir et de repli, ce qui laisse leurs adversaires désemparés.
À la fin de la journée, les Britanniques tiennent le terrain, notamment la zone de Freeman’s Farm. Cependant, ils ont subi des pertes importantes et n’ont pas réussi à percer les lignes américaines.
Ceux-ci, bien que repoussés localement, conservent une position stratégique solide à Bemis Heights.
Les pertes
Les pertes britanniques s’élèvent à environ 600 hommes, un chiffre très élevé compte tenu de leurs effectifs limités.
Les pertes américaines sont estimées à environ 300 hommes.
Ces pertes sont particulièrement préoccupantes pour Burgoyne qui ne peut pas facilement remplacer ses hommes, contrairement aux Américains qui reçoivent des renforts constants.
Les conséquences
Bien que la bataille de Freeman’s Farm ne soit pas une victoire décisive, elle affaiblit considérablement l’armée britannique. Le général Burgoyne se retrouve isolé, à court de ravitaillement et face à une armée ennemie de plus en plus nombreuse.
Trois semaines plus tard, la situation aboutit à la seconde bataille de Saratoga, connue comme la bataille de Bemis Heights. Le 7 octobre, les britanniques sont battus et la majorité de leur effectif est fait prisonnier.
La capitulation de Burgoyne est un tournant majeur de la guerre. Cette victoire convainc notamment la France de soutenir officiellement les insurgés américains, transformant un conflit colonial en guerre internationale.
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