
"Les Batailles sont les bornes kilométriques de l'Histoire"
Patrick Ritt






Les treize colonies des Etats-Unis

La disposition des armées
Bataille de YORKTOWN du 28 Septembre au 18 Octobre 1781
Introduction
La bataille de Yorktown constitue l’ultime grande confrontation de la guerre d’indépendance américaine.
Cette bataille marque la fin effective des combats majeurs et ouvre la voie à l’indépendance des États-Unis.
La Campagne
En 1781, la guerre s’est déplacée vers le sud des colonies. Le général britannique Charles Cornwallis, après plusieurs campagnes, établit ses forces à Yorktown en Virginie. Il espère ainsi créer une ligne de ravitaillement avec la Royal Navy.
Pendant ce temps, le général George Washington et le lieutenant-général Jean-Baptiste de Rochambeau coordonnent une manœuvre stratégique majeure visant à marcher sur New York. Le général La Fayette apprend que Cornwallis est en train de reconstituer ses forces épuisées à Yorktown, et en informe son homologue français.
Rochambeau décide alors de modifier le plan initial, et de mener son armée en Virginie. Cela, sans en informer le général Washington. En parallèle, la flotte de l’amiral de Grasse stationnée aux Antilles se déplace pour mettre en place un blocus dans la baie de Chesapeake pour isoler Yorktown de tout ravitaillement naval.
Le 5 septembre, la flotte française bat la Royal Navy lors de la bataille de la baie de Chesapeake. Cette victoire empêche toute évacuation ou renfort britannique par la mer, alors que les troupes de Rochambeau assiègent Yorktown par la voie terrestre. Cornwallis est piégé dans la ville.
Les forces en présence
Les forces franco-américaines commandées par le général Washington et le lieutenant-général de Rochambeau comptent environ 16 000 hommes, répartis entre l’armée continentale américaine et les troupes françaises régulières. Elles bénéficient d’une excellente coordination et d’un soutien logistique solide.
Les britanniques, sous le commandement du général Cornwallis, disposent d’environ 7500 soldats. Bien retranchés, ils possèdent de l’artillerie et des fortifications, mais leur situation devient rapidement précaire en raison de l’encerclement, notamment après l’éclatement d’une épidémie de malaria.
La bataille
Les forces franco-américaines entament un siège méthodique. Inspirés des techniques européennes, ils creusent des tranchées parallèles pour se rapprocher progressivement des lignes britanniques.
L’artillerie joue un rôle-clé : un bombardement constant affaiblit les défenses ennemies et détruit les positions d’artillerie anglaises.
Cependant, deux redoutes britanniques (les redoutes n°9 et n°10) hors de la ville empêchent une progression complète.
Le 14 octobre 1781, une attaque décisive est lancée : les forces américaines, dirigées notamment par le lieutenant-colonel Alexander Hamilton, prennent la redoute n°10. Les troupes françaises, sous le commandement de La Fayette et d’autres officiers, s’emparent de la redoute n°9.
Ces attaques, menées à la baïonnette pour éviter de révéler leur position par des tirs, sont rapides et efficaces.
Après la perte des redoutes, les lignes britanniques deviennent intenables. Cornwallis tente une évacuation nocturne par la rivière York, mais une tempête disperse les embarcations.
Sous un bombardement continu et sans espoir de secours, il est contraint de capituler le 19 octobre 1781.
Les pertes
Les pertes alliées sont relativement limitées, déplorant environ 300 hommes tués ou blessés. Les britanniques subissent des pertes similaires au combat, mais la capitulation entraîne la capture de plus de 7 000 soldats.
Cette reddition massive est un coup décisif porté à la présence militaire britannique en Amérique.
Les conséquences
La victoire de Yorktown a un impact immédiat en Grande-Bretagne : le gouvernement perd le soutien politique nécessaire pour poursuivre la guerre. Les négociations s’ouvrent rapidement et aboutissent au traité de Paris, qui reconnaît officiellement l’indépendance des États-Unis.
La bataille de Yorktown démontre également l’importance cruciale de l’alliance franco-américaine, tant sur le plan militaire que naval. Sans l’intervention française, notamment celle de l’amiral de Grasse, la victoire aurait été impossible.
