Les empires au IIIème siècle avant J.C.
Déroulement de la campagne
La disposition des armées
Positions après le premier choc
Dernier affrontement et retour de la cavalerie romaine
Bataille de ZAMA le 19 Octobre 202 avant Jésus-Christ
Introduction
La ville de Carthage fut fondée en 814 avant J.C. par les Phéniciens (ou Poeni ), un peuple de commerçants. A première vue, rien ne l’oppose donc à Rome, fondée en 753 avant J.C. par un peuple de cultivateurs. Pourtant, les deux cités songeant à la domination de la Méditerranée occidentale vont se livrer une lutte à mort pendant plus d’un siècle.
Un contentieux en Sicile provoque une première guerre de 261 à 241 avant Jésus-Christ. Principalement livrée en mer, elle voit la toute récente flotte romaine emporter la victoire. La deuxième guerre punique (de 218 à 201 avant J.C.) est provoquée par l’expansion carthaginoise en Espagne.
La Campagne
En 219 avant J.C., Hannibal s’empare de Sagonte en Espagne et prend le chemin de l’Italie. Il réussit l’exploit de franchir les Alpes avec son armée, accompagné de ses éléphants. Il va mener durant seize ans des campagnes victorieuses dans la péninsule. Il défait chaque armée romaine envoyée à sa rencontre, mais ne parvient jamais à menacer directement la ville de Rome.
Scipion est alors proconsul romain en Hispanie. En 209 avant J.C., il défait Hasdrubal, le frère d’Hannibal. En quatre années, il parvient à chasser les carthaginois de la péninsule ibérique !
Elu consul pour ses prouesses, il envahit en 204 avant J.C. le nord de l’Afrique. Ceci oblige Hannibal à rapatrier d’urgence son armée de l’autre côté de la mer.
En 202 avant J.C., près de Zama, à une centaine de kilomètres au sud de Carthage, a lieu l’affrontement décisif entre les deux stratèges.
Les force en présence
L’armée carthaginoise, forte de 50 000 hommes, est composée essentiellement de mercenaires. Elle est ordonnée sur trois lignes. Dans la première sont alignés environs 10 000 Gaulois et Ligures. Derrière eux se tiennent les 12 000 hommes de l’infanterie africaine et carthaginoise. Recrutés à la hâte, ces soldats ne représentent qu’une valeur relative. L’arrière-garde est formée par l’élite : 24 000 vétérans des campagnes d’Italie.
Sur les côtés se tiennent la cavalerie numide à gauche et la cavalerie carthaginoise à droite. Hannibal, tout auréolé de gloire de ses campagnes victorieuses en Italie, dispose en avant de son déploiement 80 éléphants. Leur tâche sera d’ouvrir des brèches dans les rangs adverses. Mais ces animaux-ci n’ont été incorporés que récemment, et ne sont pas très bien dressés.
Scipion, aguerri par les combats en Hispanie, commande 35 000 hommes. Les légions romaines sont également ordonnées sur trois rangs. En avant se trouvent les hastatii (lanciers), qui sont des hommes jeunes et bien entraînés. Ensuite se trouvent les principes (armés du pilum et du glaive), qui sont des soldats expérimentés. Enfin, en arrière sont placés les triarii (armés d’une longue pique longue de 4 mètres), qui sont des vétérans disposant du meilleur équipement.
Une légion est divisée en manipules composées chacune de deux centuries. L’ensemble est très mobile et très flexible en termes de manœuvres. La cavalerie romaine, généralement peu efficace, est soutenue par les numides du roi Masinissa.
La bataille
La bataille commence par la charge des éléphants. A leur approche, les romains provoquent un énorme vacarme de cris, de coups sur leurs boucliers et de sonneries de trompes. Les pachydermes, effrayés, refluent vers leurs propres lignes et sèment la panique parmi la cavalerie carthaginoise.
Les rares éléphants parvenant au contact de leur ennemi s’engouffrent dans des couloirs aménagés expressément par les romains dans leurs lignes. La cavalerie romaine et les numides de Masinissa profitent du désordre pour mettre en déroute et poursuivre les cavaliers ennemis.
Les premières lignes d’infanterie engagent alors le combat. Les Gaulois et Ligures ne parviennent pas à rompre le dispositif romain et cèdent peu à peu du terrain. Non soutenus par leurs autres lignes, ils finissent par prendre la fuite.
La deuxième ligne carthaginoise parvient à repousser temporairement les hastatii. Mais ces derniers sont rapidement soutenus par les principes, qui mettent également la seconde ligne d’Hannibal en déroute.
Hannibal dispose encore de 24 000 vétérans d’Italie en réserve. Il doit les lancer à l’attaque avant le retour de la cavalerie romaine et numide. Scipion, par une manœuvre remarquable de contrôle et de discipline, réorganise son armée sur une ligne unique. Il place les hastatii au centre, puis les principes et les triarii sur les ailes.
Le choc des deux masses est terrible, et reste longtemps indécis.
Le retour sur le champ de bataille des cavaliers romains, prenant à revers les lignes carthaginoises, sera le coup fatal porté au carthaginois. Les troupes d’Hannibal sont complètement décimées.
Les pertes
Sur les 50 000 soldats alignés par Hannibal, 20 000 seront tués et tout autant seront fait prisonniers.
Les romains, de leur côté, perdent environ 2 000 hommes.
Les conséquences
Les conditions de paix offertes par Scipion sont assez généreuses. Trop généreuses même, car la renaissance de la puissance commerciale de Carthage effraie les sénateurs romains. Dans une troisième guerre (de 149 à 146 avant J.C.), les romains finiront par détruire leur ennemi et raser la cité de Carthage.
Ils s’assureront ainsi pour des siècles la maîtrise de la Méditerranée occidentale.
Hannibal sera continuellement pourchassé par les romains. Il va louer ses services auprès de nombreux rois ennemis de Rome avant de se suicider, probablement en 183 avant Jésus-Christ.
En disgrâce suite à des jeux politiques, Scipion quittera Rome. Tout comme Hannibal, il décèdera en 183 avant Jésus-Christ. Sur sa tombe, son épitaphe mentionnera « Ingrate patrie, tu n’auras pas mes os ».