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Bataille des Pyramides
21 juillet 1798

Bonaparte en Egypte

Vue aérienne de la bataille des Pyramides 1798 - Diorama de la bataille
Vue aérienne de la bataille des Pyramides 1798 - Diorama de la bataille - Les carrés français
Vue aérienne de la bataille des Pyramides 1798 - Diorama de la bataille - les positions égyptiennes
Vue aérienne de la bataille des Pyramides 1798 - Diorama de la bataille - Charge des mamelouks
Carte de la campagne des Pyramides de 1798 - Itinéraire de Napoléon Bonaparte en Egypte

Le déroulement de la campagne

Schéma de disposition de la bataille des Pyramides de 1798 - Représentation tactique

La disposition des armées au début de la bataille

Schéma du déroulement de la bataille des Pyramides de 1798 - Mouvements de troupes

Mouvements et déroulement de l'affrontement

Bataille des PYRAMIDES le 21 Juillet 1798

Introduction

Nous sommes en 1798. Bonaparte est un général auréolé de ses victoires en Italie. Mais il est avant tout devenu encombrant pour le Directoire qui craint sa popularité et son ambition politique. Bonaparte sait quant à lui que rester à Paris sans entreprendre quelque chose signifie sa mort politique. Aussitôt une idée s'impose : il doit partir…

Et ce sera en direction de l'Egypte ! Le projet est ambitieux car il s'agit de prendre Malte (à ce moment-là aux mains de l’Ordre des Hospitaliers du même nom et ardemment convoité par le Roi de Naples) puis de s'installer sur la route des Indes afin de chasser les Anglais de leurs possessions d'Orient.

La Campagne

L'expédition est préparée dans le plus grand secret. Le 19 mars 1798, une immense flotte, aux ordres de l'amiral Brueys, emmène 45.000 hommes vers la conquête de l'Egypte. Pourtant cette expédition se veut aussi scientifique car 167 savants et artistes se joignent à l'aventure.

 

La fortune est avec Bonaparte. Ses escadres parties de France et d'Italie échappent à la vigilance de la flotte de blocus anglaise commandée par l'amiral Nelson. Le 11 juin 1798, Malte tombe aux mains des Français et le 1er juillet, la flotte se présente devant Alexandrie.

 

Les premières difficultés vont commencer. Prendre le pouvoir en Egypte implique d’abattre les Mamelouks qui règnent en maîtres incontestés sur le pays. Ainsi Bonaparte, après la prise d'Alexandrie, décide de marcher sur Le Caire, la capitale, avec à peine 20 000 hommes. Le moral de l'armée est alors au plus bas. Le pays inconnu, que d'aucun décrivaient comme paradisiaque, est en fait très dur avec une population totalement hostile. Les Français souffrent de la chaleur, de la soif et des raids de Bédouins sur leurs arrières. Pour permettre à l'armée d'être ravitaillée, Bonaparte décide de longer le Nil. La première escarmouche a lieu à Chebreiss le 14 juillet. Les Mamelouks dirigés par Mourad Bey, surpris par la résistance des Français, se retirent vers Le Caire.

Les Forces en présence

Le contraste est saisissant. D'un côté, une armée composée essentiellement de cavaliers dans leurs costumes resplendissants, de l'autre une armée de fantassins en haillons poussiéreux.

Pour défendre leur capitale, les Egyptiens occupent les deux rives du Nil car ils pensent (à tort) que les Français progressent de part et d'autre du fleuve. Pour protéger la rive occidentale, Mourad Bey dispose de 6 000 cavaliers Mamelouks et d'autant de janissaires et fellahs retranchés avec 40 canons dans le camp fortifié d'Embabeh. Une nuée d'Arabes est stationnée derrière la ligne principale.

Bonaparte a articulé son armée en cinq divisions d'environ 4 000 hommes chacune, disposées en grands carrés. Celles de droite, sous les ordres de Desaix et Reynier, ont pour mission d'absorber le choc de la cavalerie. Les divisions de Vial et Bon, à gauche du dispositif, ont pour ordre de s'emparer du camp retranché. Au centre, en réserve, se tient la division Dugua.

La bataille

8 heures du matin. Les cinq divisions commencent leur mouvement.

 

Vers 14 heures, la division Bon s'élance vers Embabeh. Mourad Bey, voyant la manœuvre des Français visant à isoler le camp retranché, ne veut pas perdre l'initiative. Il décide de lancer ses Mamelouks. Par un vaste mouvement tournant, leur objectif sera de submerger et désorganiser les carrés français, puis de les acculer contre les 40 canons du camp retranché. L'infanterie arabe pourrait ensuite exterminer les survivants.

 

A 16 heures, Mourad Bey déclenche son attaque. Le moment semble opportun car le carré de la division Desaix, le plus proche, est gêné par un petit bois de palmier et de nombreux soldats sont partis à la recherche d'eau. Toutefois, la chance est avec Desaix car la charge des Mamelouks est freinée par un petit ravin et le feu de file ouvert à mi-portée de fusil suffit à repousser ce premier assaut.         

 

La surprise est passée, et la bataille déjà jouée. Les Mamelouks enveloppent le carré de Desaix sans pouvoir l'entamer, puis le tourbillon de cavaliers s'abat sur le carré de Reynier pour finir par se jeter sur la division Bon.

 

Cette dernière a déclenché son attaque sur Embabeh. Au dernier moment, les rangs arrière des Français font demi-tour et fusillent les Mamelouks. Ecrasée sous le feu, désorganisée par des charges sans succès, cette superbe cavalerie cherche désormais son salut dans la fuite. Nombre d'entre eux se jettent dans le Nil, d'autres s'écrasent contre les carrés Français. 

 

Mourad Bey tente alors le tout pour le tout. Il dévoile les 40 canons du camp retranché. Les Français réagissent de suite et lancent deux bataillons à l'assaut des retranchements. Malgré une résistance héroïque, la garnison du camp ne peut freiner l'élan des fantassins Français. C'est la fin pour Mourad Bey.

Les pertes

Les Mamelouks perdent 1 600 hommes, 37 canons, 400 chameaux et d'innombrables bagages.

 

Les Français ne déplorent qu'une centaine de tués et blessés.

Les conséquences

Victorieuse à la bataille des Pyramides, l'armée française d'Orient s'ouvre les portes du Caire et s'installe en Basse Egypte. La victoire semble totale. Pourtant les Mamelouks ne se sont pas rendus. Après avoir brûlé leur flotte sur le Nil, les deux chefs, Mourad Bey et Ibrahim Bey, s'enfuient l'un vers la Haute Egypte, l'autre vers la Syrie pour continuer la lutte. Le 1er août 1798, l'amiral Nelson va détruire la flotte Française ancrée dans la baie d'Aboukir. Bonaparte va se retrouver prisonnier de sa conquête. Un an plus tard, il va discrètement revenir en France pour une nouvelle fois s'illustrer sur les champs de batailles italiens.

 

Le mérite de la victoire revient à l'infanterie française qui s'est révélée plus solide que jamais. Les carrés ont marché 18 heures d'affilée au son du tambour pour finalement écraser l'ennemi sous son feu. Le mérite revient également à son général en chef, Bonaparte, qui a su rapidement prendre la mesure de ce pays inhospitalier et de ses habitants.

 

Cette expédition aura permis la découverte d’un objet primordial pour l’étude de la culture égyptienne : la Pierre de Rosette. Celle-ci permettra à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes, deux décennies plus tard.

 

Pour finir, oublions la phrase, vraisemblablement apocryphe, "Soldats, du haut de ces Pyramides 40 siècles vous contemplent", et gardons l'image de ce jeune général passant au petit matin ses troupes en revue dans les décors exotiques du Caire, leur parlant, les félicitant… et faisant jouer la Marseillaise.

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