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Carte de France vers 1415

La France en 1415

Carte schématique des déplacement des armées avant la bataille d'Azincourt 1415

La campagne d'Azincourt

Représentation schématique de la disposition des troupes lors de la bataille d'Azincourt 1415

Représentation schématique du champ de bataille

Bataille d'AZINCOURT le 25 Octobre 1415

Introduction

Lorsque Henri II d'Angleterre épouse Eleanor d'Aquitaine en 1152, le Poitou, la Gascogne et la Guyenne viennent rejoindre la Normandie et agrandir considérablement les possessions de la couronne anglaise. Mais la majeure partie de ces territoires est occupée par les Français.

 

Afin de profiter de la faiblesse du roi de France Charles VI, en proie à la rivalité des ducs de Bourgogne et d'Orléans, et aussi pour renforcer son propre trône menacé par la maison York, Henri V décide de lancer ses troupes contre la France.

La Campagne

Le 11 août 1415, Henri rassemble 1500 navires à Southampton et débarque trois jours plus tard, près de Harfleur, 2000 chevaliers et 6000 archers. La forteresse de Harfleur soutient le siège des anglais jusqu'au 22 septembre, leur faisant perdre beaucoup d'hommes et surtout, beaucoup de temps. Une marche sur Paris avec ces faibles effectifs et contre une armée française désormais prête s'avérant impossible, Henri décide de traverser "son" duché de Normandie jusqu'à Calais et de rembarquer pour l'Angleterre. Il quitte Harfleur le 6 octobre avec seulement huit jours de provisions.

 

Les Français ont rassemblé une armée près de Rouen. Profitant de son avance de deux jours, Henri marche vers le nord et pense traverser la Somme à un gué près de son embouchure, celui-là même qu'a pris son grand-père Edouard III dans sa marche sur Crécy en 1346. Mais un prisonnier français signale au roi que le gué est gardé par les troupes françaises.

 

Les Anglais sont obligés de chercher un autre passage et doivent s'engager vers l'intérieur des terres, tous les ponts étant puissamment gardés. Ce n'est que le 18 octobre que la traversée de la Somme peut enfin s'effectuer près de Bethancourt. Cette nouvelle perte de temps a permis aux français de rattraper son retard et leur armée barre aux anglais la route de Calais près du village d'Azincourt.

Les force en présence

Il reste moins de 1000 chevaliers et à peine 5000 archers au roi d'Angleterre. Malgré le manque de ravitaillement, le froid, la pluie, les maladies et n'ayant aucun espoir de survie en cas de captivité, ces archers, équipés de l'arc long (1,80 m), restent de redoutables tireurs. Ils transportent tous un pieu effilé qu'ils vont planter en avant de leur ligne afin d'atténuer une éventuelle charge des cavaliers français.

 

Ces fameux cavaliers sont plus de 20 000 dont un grand nombre de chevaliers et de la fine fleur de la noblesse française. Puissamment protégés dans leur armure, ce sont des guerriers nés. Mais la discipline générale souffre du caractère très individualiste, l'honneur commandant au chevalier de rechercher le combat singulier d'homme à homme. L'on retrouvera ainsi tous les personnages notables au premier rang. Evitant les erreurs de la bataille de Crécy, les chevaliers français ont choisi cette fois-ci de sa battre à pied malgré le terrain fraîchement labouré et trempé par une forte pluie nocturne. Plus de 5 000 archers et arbalétriers et de nombreux soldats mal armés accompagnent en sus la chevalerie française.

La bataille

Au matin du 25 octobre, le jour de la saint Crépin, les deux armées se font face. Des négociations sont ouvertes mais les conditions françaises sont inacceptables pour le roi d'Angleterre.

 

A 11 heures, ne pouvant faire traîner les affaires plus longtemps au vu de sa nécessité de trouver du ravitaillement, Henri décide de provoquer l'affrontement en faisant avancer sa ligne à portée de flèche des français.

Les archers et arbalétriers français, initialement placés en 1ère ligne afin d'éprouver leurs homologues anglais, sont poussés vers l'arrière par les barons français pour qui la piétaille n'a pas à se trouver au premier rang, surtout en vue de cette victoire facile. Plus de 8000 chevaliers forment donc la première ligne.

 

Sur les flancs, deux groupes d'écuyers montés (800 à droite, 1600 à gauche) doivent culbuter les tireurs anglais. Beaucoup de ces chevaliers, impatientés par la longue attente, se sont tout simplement retirés vers l'arrière de leurs lignes et ce n'est qu'une faible charge qui va atteindre les archers anglais vers 12 heures. Protégés par les pieux qu'ils ont plantés dans le sol, ceux-ci repoussent facilement cette attaque.

C'est alors que la masse de la 1ère ligne française s'avance péniblement vers l'ennemi. Cherchant le combat direct contre les chevaliers anglais, les Français se pressent vers le centre du dispositif ennemi, désorganisant ainsi toute la ligne. Les volés de flèches anglaises font alors de nombreuses victimes dans la chevalerie.

 

Les Anglais encaissent bien le premier choc. Leur piétaille, sans armure lourde, se révèle plus avantagée sur ce terrain difficile que les hommes d'armes français. Le roi d'Angleterre, soudain entouré par les chevaliers français, se bat avec acharnement au corps à corps.

Il est difficilement dégagé de la mêlée par ses fidèles compagnons. Ce sera le tournant de la bataille. L'intensité des combats va diminuer après cet épisode.

 

La 2e ligne française (5000 chevaliers et écuyers) voyant l'affaire mal engagée commence à se retirer malgré les injonctions de leurs chefs. La 3e ligne (10 000 chevaliers et sergents montés) composée des chevaliers de seconde zone et de sergents montés se replie après une timide tentative d'attaque du campement adverse.

 

A la tombé de la nuit, les Anglais tiennent le terrain empêtré dans une masse de prisonniers. Afin d'assurer la sécurité de son armée, Henri ordonne de tuer tous les prisonniers et de ne garder que les plus notables.

Les pertes

Les Anglais ont perdu moins de 500 hommes. Les Français par contre laissent sur le terrain de 7000 à 10 000 chevaliers dont presque l'ensemble des personnalités de la noblesse présentes à cette bataille.

Les conséquences

Avec sa minuscule armée, Henri ne peut exploiter sa victoire. Il est tout heureux de pouvoir embarquer le 16 novembre à Calais. Il va lui falloir cinq autres années de combats et de sièges pour amener le roi de France à signer le traité de Troyes (1420), selon lequel le roi d'Angleterre épousera Catherine, la fille de Charles VI, et devenir l'héritier du trône de France. Henri ne pourra profiter de cette succession puisqu'il mourra en 1422. Les Français vont renouveler leurs efforts afin de récupérer les territoires perdus.

 

Ils seront aidés en cela à partir de 1428 par une certaine Jeanne d'Arc...

M.Dutey

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